Le billet
de Patrick Parment
Le Journal du chaos
L'année nouvelle commence donc par un gentil petit scandale dont nos démocraties ont le secret. Quand on confond politique et spectacle, ça débouche fatalement sur un fiasco. Certes, me direz-vous, on ne peut reprocher à un gouvernement de prévoir plutôt que de guérir. Mais, dès le départ de la grippe H1N1, tout s'est barré en couille, de nombreux médecins émirent des doutes quant à la dangerosité réelle de ce virus.
Se faire refiler, ensuite, par des laboratoires du Tamiflu dont la date de péremption est 2010 ou 2011 quand les pharmacies disposent de lots valables jusqu'en 2016, ça s'appelle se faire avoir. Et miss Bachelot a acheté quasiment 1/3 de la production mondiale. Bravo la grosse. Mais ce n'est pas tout. A cela s'ajoute 94 millions de dose de vaccins et l'achat de millions de masques qui n'ont jamais servi à rien. Tout cela additionné, ça commence à faire une belle ardoise qui a surtout régalé les laboratoires pharmaceutiques au nombre de quatre : Sanofi-Pasteur, GSK, Novartis et Baxter. On parle quand même de 869 millions d'euros, excusez du peu. Inutile de dire que pour eux, le père Noël est passé tous les jours du mois de décembre avec champagne et caviar à tous les étages. Pendant ce temps, les Restos du Cœur carburent à fond la caisse.
Là où le bât blesse, c'est que la mère Bachelot, ci-devant ministre de la Santé, est pharmacienne de son état. Et les questions affluent. Par quel miracle s'est-elle faite enfler ? Et nous avec d'ailleurs. Une chose est sûre, Miss Bachelot a un avenir assuré dans l'industrie pharmaceutique.
Autre dysfonctionnement notoire : la communication gouvernementale. Jamais le citoyen n'a su à quel saint se vouer dans cette affaire vu que le monde médical était profondément divisé et qu'il est toujours difficile de se faire une opinion.
Que dire ensuite de la mise en œuvre de la vaccination : un foutoir généralisé quand il aurait été plus simple de s'en remettre aux médecins et aux dispensaires. Résultat des courses, après quelques mois, 5 millions de personnes vaccinées seulement et selon des modalités qui nous échappent totalement. Avec en prime, jusqu'à deux heures d'attente dans la froidure pour se faire piquer. Les gens âgés ont dû apprécier, les enfants également. Dans cette histoire, tout accable ce gouvernement.
Sauf que nous en connaissons, pour partie, la cause. Elle s'appelle Sarkozy qui voulait montrer une fois de plus qu'il était l'homme de la situation et le grand protecteur des Français... en vue des prochaines régionales. Tout a foiré... Comme la taxe carbone d'ailleurs, comme la plaisanterie de Copenhague où une fois de plus il a joué perso comme le lui a reproché la Chancelière allemande Angela Merkel. On ne peut s'empêcher de penser que l'on n'en a pas fait autant pour le sida où un dépistage de la population s'imposait mais que le lobby tarlouzard (transfrontières comme chacun sait) a empêché afin de ne pas être désigné comme bouc émissaire alors qu'au départ, le sida, n'était qu'une affaire d'homos.
Ce qui veut dire que nos gouvernants se foutent de la santé dès lors qu'elle n'a pas de lecture purement politique. On en veut pour preuve la paupérisation de nos hôpitaux et la détérioration de notre système de santé qui repose sur des modes de gestion totalement aberrante. Et dire qu'on a, soi-disant, des tronches à la Juppé que l'Ena nous fabrique à la pelle !
Et nous ne sommes qu'en janvier. Rassurez-vous bonnes gens, la rubrique va s'enrichir au gré des avances de ce libéralisme qui détruit petit à petit tout ce qui nous autorisait à parler encore d'indépendance nationale. Ce qui est bien avec Sarko, c'est que le pire est toujours assuré. C'est le service après-vente qui va poser des problèmes.
En attendant, bonne année quand même. Et mangez du cochon !